MA DÉMARCHE ARTISTIQUE  pour « Mer amère »

THÉMATIQUES

“Mer amère” se place dans le prolongement du thème “Cimetière marin”, que j'ai exposé sous différentes formes les années précédentes, et fait suite à l'exposition-installation réalisée à Toronto en début 2017 sous le nom “Marée noire”.
Je cherche ainsi à illustrer les conséquences de nos moments de négligences, qui se transforment parfois en folies collectives – pollution en tout genre, maltraitance de nos milieux naturels –  avec une attention particulière pour les milieux marins.
J'observe le phénomène au gré de mes recherches, des plages du Costa Rica aux calanques de Marseille. Je m'informe aussi auprès des sources spécialisées.(1)
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(1) Merci en particulier à Denis Ody, océanologue, Responsable du Pôle Océans et côtes du WWF-France (World Wildlife Fund – Fonds Mondial pour la Nature)

CHOIX ARTISTIQUES

Créer quelque chose à partir de rien, accorder une part au hasard, utiliser une palette de couleurs sourdes, concevoir une scénographie minimaliste, voilà le condensé de mes choix artistiques.(2)

Dans “Mer amère”, j'expose, pour l'essentiel, un ensemble de panneaux abstraits, dans lesquels la mer d'origine, vivante et pure, n'est plus qu'un souvenir, sa matière même, l'eau, étant devenue stérile. En créant cet ensemble sombre, presque d'apocalypse, je cherche à plonger celles et ceux qui visiteront l'installation dans une ambiance piquant la curiosité et invitant au questionnement
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(2) Mes artistes préférés viennent de l'Art informel (Alberto Burri, Lucio Fontana) ou de l'Arte Povera (Michelangelo Pistoletto, Pino Pascali). J'aime aussi beaucoup les travaux d'Antoni Tàpies et d'Anselm Kiefer.

MATIÈRES & RÉALISATIONS

Pour cette exposition-installation, j'ai travaillé pour l'essentiel le lavis à l'encre sur papier de soie, avec des exceptions en cartapesta et plastique de récupération.
J'ai toujours été admirative et fascinée par l'incroyable beauté des figures fugitives, formées au hasard dans le sable, pendant quelques secondes après marée haute, par l'eau qui se retire. Dans ma quête pour reproduire cette magie, je trouve que l'eau, l'encre et le papier de soie, sont des matériaux idéaux.
Au terme d'un long processus, où je me laisse parfois guider par le hasard et où parfois je l'apprivoise, et dont toutes les étapes, depuis la façon de froisser le papier, d'utiliser l'eau et l'encre, influent sur le résultat final, j'observe avec un mélange d'émotion et de curiosité les figures un peu magiques, formées par le papier buvant petit à petit l'encre noire. Si j'y trouve les nuances et les effets recherchés, je garde, sinon je jette.

Margaux Tartarotti